Un podcast soutenu par AG2R LA MONDIALE et la commission paritaire de la branche vétérinaire,
composée du SNVEL et des organisations syndicales de salariés représentatives : CFDT, CFE-CGC, CGT, FO et UNSA.

L’habitude

Les risques du métier

ÉPISODE 2

🎧 Épisode 2 disponible dès maintenant, à écouter sur toutes les plateformes audio 🧡

Dans ce métier, on fait facilement passer le bien-être des animaux avant le nôtre.

C’est un peu ce que fait Capucine ce jour-là. ASV expérimentée, elle voit les consultations s’enchaîner, les urgences aussi. Alors elle se donne à fond pour que les patients soient bien pris en charge. Et sans vraiment s’en rendre compte, elle accepte beaucoup. Parce qu’il faut bien les soigner, ces patients.

Parfois quitte à se mettre un peu en danger elle-même. Pour aller plus vite. Pour gagner du temps. Pour pouvoir tout faire.

Après tout, ça fait partie des risques du métier...

Le problème, c’est qu’à force de côtoyer ces risques-là, on ne les voit plus. On les minimise, on les banalise, et ils finissent par se fondre dans le décor.

Jusqu’au jour où, face à un chat en détresse respiratoire, Capucine va comprendre brutalement tout ce qu’elle ne voyait plus.

C’est exactement ce que je raconte dans ce nouvel épisode de TOUTOURISK, à travers l’histoire de Capucine. Un récit inspiré d’histoires vraies, sur cette façon de se dévouer jusqu’à s’oublier parfois, sur la banalisation du risque dans nos pratiques, et sur ce qu’il faut comprendre pour remettre un peu de sécurité dans le quotidien des soins.

Capucine, un chat dyspnéique et une cadence à tenir

Derrière l’histoire : quand l’exception devient la règle

La morsure de Capucine pourrait facilement être résumée ainsi : elle a mis sa main dans une cage et le chat l’a mordue.

Mais s’arrêter là, c’est passer à côté de l’essentiel.

Car ce geste ne sort pas de nulle part. Il s’inscrit dans un contexte : le manque de temps, la pression des soins, le sous-effectif, des équipements pas toujours adaptés et cette culture de l’urgence qui pousse parfois à contourner certaines règles pour réussir malgré tout à faire le travail.

En sécurité, on parle notamment de normalisation du risque : à force d’être exposé à une situation dangereuse sans conséquence, notre perception du danger diminue.

On sait théoriquement que le risque existe. Mais puisqu’on l’a déjà fait dix fois, cinquante fois, cent fois sans accident, le geste finit par nous sembler acceptable.

Et petit à petit, certaines exceptions deviennent des habitudes.

L’épisode aborde aussi les violations, au sens des facteurs humains : non pas une volonté de mal faire, mais le fait de s’écarter volontairement d’une règle ou d’une procédure parce qu’à cet instant, cela paraît être la meilleure façon de parvenir à faire son travail.

La vraie question devient alors moins : « Pourquoi Capucine a-t-elle mis sa main dans cette cage ? »

Mais davantage : « Qu’est-ce qui faisait que, ce jour-là, mettre sa main dans cette cage semblait être une option raisonnable ? »

Ce qu’on retient de l’épisode

L'habitude ne protège pas du risque. Et la répétition d’un comportement sans accident ne prouve pas qu’il est sûr.

Lorsqu’une règle est régulièrement contournée par des professionnels compétents, le problème ne se résume pas forcément à un manque de vigilance. Cela peut aussi révéler un décalage entre les règles prévues et les conditions réelles dans lesquelles le travail doit être réalisé.

Prévenir les morsures et les blessures, ce n’est donc pas seulement rappeler de « faire attention ».

C’est regarder les situations dans lesquelles on finit par accepter davantage de risque : quand on est pressé, quand l’animal va mal, quand il manque quelqu’un, quand le matériel n’est pas pratique ou quand interrompre le soin semble impossible.