L’épuisement
Pressée comme un citron
ÉPISODE 9
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Adèle, un départ en retraite et des difficultés de recrutement
Dans ce métier, on apprend à tenir. À encaisser les journées chargées, les gardes, les imprévus, les responsabilités. À faire un peu plus quand il manque quelqu’un. À se rendre disponible parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse.
Adèle connaît bien ça. Vétérinaire associée depuis vingt-cinq ans, elle aime son métier, son équipe, sa clinique. Alors quand un associé part à la retraite, que le recrutement se complique et que l’équipe se retrouve en sous-effectif, elle prend naturellement le relais.
Un jour de plus. Une garde de plus. Un dossier de plus.
Elle est fatiguée, bien sûr. Elle dort moins bien. Elle voit moins ses proches. Mais elle se dit que c’est temporaire. Que ça va se tasser. Qu’elle peut encore tenir.
Alors, au lieu de ralentir, Adèle accélère.
Et petit à petit, quelque chose change. Elle devient plus irritable. Moins disponible. Elle oublie des choses. Elle ne ressent plus tout à fait les mêmes émotions face à ses patients et à leurs propriétaires.
Mais quand on a passé toute sa vie professionnelle à être celle sur qui les autres peuvent compter, comment accepter que cette fois, on est celle qui a besoin d'aide ?
C’est exactement ce que je raconte dans ce nouvel épisode de TOUTOURISK, à travers l’histoire d’Adèle. Un récit inspiré d’histoires vraies, sur le burn-out, sur ces symptômes qui s’installent parfois tellement progressivement qu’on ne les voit pas venir, et sur ce moment où le corps et le cerveau finissent par dire stop.
Derrière l’histoire : quand on accélère au lieu de ralentir
On imagine parfois le burn-out comme une rupture brutale. Un jour, tout va bien. Le lendemain, on s’effondre.
En réalité, il peut s’installer beaucoup plus silencieusement.
Dans l’histoire d’Adèle, tout commence par une situation qui pourrait presque sembler banale : une équipe en sous-effectif, davantage de responsabilités, quelques semaines compliquées à traverser.
Alors elle compense.
Et c’est là tout le paradoxe : face à la fatigue, on ne ralentit pas forcément. Par culpabilité, par sens des responsabilités ou parce qu’on pense que la situation est temporaire, on peut au contraire en faire encore plus.
Puis la récupération devient insuffisante. Le sommeil se dégrade. Les émotions s’émoussent ou débordent. La concentration diminue. Les erreurs se multiplient. Et moins on se sent performant, plus on culpabilise… et essaie de compenser en travaillant davantage.
Le burn-out ne tombe donc pas toujours d’un coup.
Il peut être le résultat d’une accumulation, jusqu’au moment où les ressources ne suffisent tout simplement plus.
Ce qu’on retient de l’épisode
Le burn-out n’est pas seulement « être très fatigué ».
C’est un épuisement physique, émotionnel et mental qui s’installe lorsque le stress professionnel devient chronique et que les possibilités de récupération ne suffisent plus.
Et les premiers signes ne ressemblent pas forcément à un effondrement spectaculaire : sommeil perturbé, irritabilité, perte d’empathie, difficultés à se concentrer, oublis, perte de plaisir, sentiment de ne plus être à la hauteur…
Le piège, c’est justement de continuer à les interpréter comme quelque chose qu’il faudrait simplement réussir à surmonter.
L’histoire d’Adèle rappelle qu’il ne faut pas attendre de ne plus pouvoir avancer pour s’autoriser à ralentir, demander de l’aide ou revoir ce qui, dans la situation de travail, n’est plus tenable.
Parce que parfois, tenir encore un peu n’est pas la solution. C’est ce qui nous rapproche un peu plus de la limite.
