Un podcast soutenu par AG2R LA MONDIALE et la commission paritaire de la branche vétérinaire,
composée du SNVEL et des organisations syndicales de salariés représentatives : CFDT, CFE-CGC, CGT, FO et UNSA.

L’aléa

La faute à pas de chance

ÉPISODE 5

🎧 Épisode 5 disponible dès maintenant, à écouter sur toutes les plateformes audio 🧡

12 juin. Vadim s’apprête à stériliser Nox, une chatte de six mois en parfaite santé. Tout est vérifié, les doses sont adaptées, l’anesthésie se déroule normalement et la chirurgie touche presque à sa fin quand soudain, Nox arrête de respirer.

Son cœur ralentit, puis s’arrête. Vadim et Paula la réaniment une première fois. Le cœur repart. Mais quelques minutes plus tard, nouvel arrêt. Cette fois, malgré le massage cardiaque et les médicaments, Nox ne revient pas.

Vadim cherche immédiatement ce qu’il a raté. Une mauvaise dose ? Une erreur de protocole ? Quelque chose qu’il aurait dû voir ? Pourtant, rien ne permet d’expliquer ce qui vient de se passer...

Un mois plus tard, il reçoit un courrier de l’Ordre : la propriétaire de Nox a porté plainte. Elle affirme notamment qu’elle n’avait pas compris que sa chatte pouvait mourir pendant une « simple » stérilisation.

La procédure va durer plus d’un an. Plus d’un an pendant lequel Vadim doute de tout : de sa prise en charge, de ses compétences, de sa façon d’informer les propriétaires, parfois même de sa capacité à continuer à exercer.

Finalement, la conclusion tombe : aucune faute technique n’est retenue. Le protocole était conforme, les doses adaptées et la réanimation correctement menée. La mort de Nox relève d’un aléa.

Mais Vadim reçoit tout de même un avertissement : il n’a pas été en mesure de démontrer que la propriétaire avait reçu une information suffisamment complète sur les risques de l’intervention.

Vadim, un arrêt cardio-respiratoire et une plainte

Derrière l’histoire : tout dommage n’est pas une faute

En médecine, on peut faire les choses correctement et obtenir malgré tout un mauvais résultat. Un organisme vivant n’est jamais totalement prévisible. Certaines complications surviennent sans erreur identifiable : c’est ce qu’on appelle un aléa.

Pourtant, lorsqu’un animal jeune et en bonne santé meurt pendant une intervention considérée comme banale, accepter qu’il n’y ait pas forcément de faute est extrêmement difficile. Pour le propriétaire, bien sûr, mais souvent aussi pour le vétérinaire lui-même.

L’histoire de Vadim rappelle aussi l’importance de l’information donnée en amont. Dire « le risque zéro n’existe pas » ne signifie pas forcément que le propriétaire a réellement compris les risques auxquels son animal est exposé. L’enjeu est d’informer clairement, sans banaliser une intervention, mais sans non plus transformer chaque acte en catalogue anxiogène de complications.

Et lorsqu’un risque mérite d’être expliqué, garder une trace de cette information peut devenir essentiel si, plusieurs mois plus tard, les souvenirs des uns et des autres ne concordent plus.

Ce qu’on retient de l’épisode

Un mauvais résultat ne signifie pas forcément qu’une erreur a été commise. Malgré une prise en charge conforme, certaines complications restent imprévisibles et impossibles à empêcher.

Mais l’aléa n’efface pas notre devoir d’information. L’enjeu est donc double : accepter qu’on ne maîtrise pas tout, et apprendre à parler clairement des risques avant qu’ils ne surviennent.