Un podcast soutenu par AG2R LA MONDIALE et la commission paritaire de la branche vétérinaire,
composée du SNVEL et des organisations syndicales de salariés représentatives : CFDT, CFE-CGC, CGT, FO et UNSA.

L’affect

Le cœur a ses raisons

ÉPISODE 4

🎧 Épisode 4 disponible dès maintenant, à écouter sur toutes les plateformes audio 🧡

Quand on exerce longtemps au même endroit, certains clients finissent par ne plus être tout à fait de simples clients.

C'est le cas de Sandie, une éleveuse de Golden Retrievers. Nadia l’a accompagnée après plusieurs fausses couches, partagé ses déceptions, ses inquiétudes, puis enfin l’espoir d’une nouvelle portée. Alors forcément, quand les chiots arrivent, Nadia s’attache un peu elle aussi à cette histoire.

Et c’est normal. Parce que ce métier se fait aussi avec le cœur. Et c’est aussi ce qui le rend si beau.

Jusqu’au jour où nos émotions pèsent un peu trop lourd dans la balance. Jusqu’au jour où cette proximité déplace notre regard. Où l’on commence à voir ce que l’on espère voir, plutôt que ce qui est réellement devant nous.

Et là, l’erreur peut arriver.

Avec, derrière elle, une question plus inconfortable encore : comment rester proche, impliqué, humain… sans laisser cette proximité parasiter nos décisions ?

C’est exactement ce que je questionne dans ce nouvel épisode de TOUTOURISK, à travers l’histoire de Nadia. Un récit inspiré d’histoires vraies, sur le biais d’affect, sur la façon dont nos émotions peuvent influencer nos décisions, et sur cette frontière parfois floue entre attachement, justesse… et erreur.

Nadia, une éleveuse attachante et une gestation difficile

Derrière l’histoire : quand nos émotions influencent nos décisions

Être touché par une situation ne nous rend pas moins professionnel. Mais cela peut modifier notre manière de décider.

L’enjeu n’est donc pas de devenir froid ou distant. Il est de savoir repérer les moments où notre implication émotionnelle devient suffisamment forte pour mériter un peu plus de vigilance.

Dans ces situations, revenir aux faits, expliciter ce que l’on observe, tracer clairement ses conclusions ou demander le regard d’un collègue peut aider à remettre un peu de distance dans la décision.

Parce que parfois, le meilleur moyen de rester juste n’est pas de ressentir moins. C’est de savoir que ce que l’on ressent peut aussi influencer ce que l’on voit.

Ce qu’on retient de l’épisode

On aime penser que nos décisions professionnelles reposent uniquement sur les faits : ce que l’on observe, ce que l’on examine, ce que l’on sait.

Mais notre cerveau ne fonctionne pas tout à fait comme ça.

Nos émotions, la sympathie que nous éprouvons pour quelqu’un, notre attachement à un animal ou notre envie qu’une histoire se termine bien peuvent aussi influencer la manière dont nous interprétons une situation.

C’est ce qu’on appelle notamment le biais d’affect.

Dans l’histoire de Nadia, l’enjeu n’est pas qu’elle se soit « trop attachée ». L’attachement fait partie de notre métier.

Le risque apparaît lorsque cet affect commence, sans qu’on s’en rende compte, à modifier notre perception : on minimise un élément gênant, on interprète une information de manière plus favorable, on hésite à formuler clairement quelque chose qui pourrait décevoir.

Et plus la situation compte émotionnellement pour nous, plus il peut devenir difficile de voir que notre jugement est en train de bouger.